lundi 6 octobre 2008

La secte des culs blancs


A quinze stations de métro du centre de Bilbao, Sopelana playa.
Nous nous extasions devant nos ombres sur le sable, les empreintes laissées par nos petits petons quand soudain, nous apercevons un individu XX et un individu XY se lancer en tenue d'Ève et d'Adam dans les eaux glaciales de l'Atlantique.
Il fait encore grand soleil et une ribambelle de gamins leur tournent autour mais soit, vale!
Pendant que nous ne tarissons pas d'éloge sur leur courage et débattons sur la liberté des moeurs, l'affaire se corse lorsque je me rends compte que ces deux bêtes, les pieds dans l'eau, sont tout simplement en train de copuler. Ayant l'esprit mal tourné, je regarde mes amies, aussi ébahies et outrées que je le suis.


Je savais les Espagnols muy muy caliente, mais qu'il garde leurs obscénités à l'abri de mon regard chaste et prude. Les cours de SVT, c'est de l'histoire ancienne.

dimanche 28 septembre 2008

Petit clin d'oeil au garde du corps aux gros bras


Non parce que ce bon vieux toutou n'a quand même rien à voir avec ceux de Valse avec Bachir...

Une petite robe de soirée

Puisqu'il fallait bien que j'en parle, nous avons approché le gigantesque musée Guggenheim aujourd'hui. Ce nom curieux préfigure déjà la singularité du lieu. Le bâtiment en lui-même mérite le détour. Un géant de titane surplombe magistralement le fleuve. On le croirait fraîchement débarqué d'une planète qui ne voulait plus de ce monstre trop massif et encombrant. Sa carapace imprime les refets de l'eau et s'habille de lumière. Comme s'il ne paraissait pas assez imposant comme ça, une sculpture florale gaie et colorée en forme de chien à la Jeff Koons monte la garde.



En fait, le Guggenheim, c'est une robe Paco Rabanne version XXL, jalousement gardée par un méchant garde du corps aux gros bras.

Le carrefour des cultures

Nous traversons une grande place lorsque je m'arrête, constatant que quelque chose ne tourne pas rond.
En face de nous se dressent une dizaine de bâtiments tous gris, mais qui s'avèrent hétéroclites une fois que le regard s'attarde sur eux.
Le premier a l'air contemporain. Doté d'une foultitude de fenêtres, celles-ci sont illuminées par des néons de toutes les couleurs. Puis il suffit de pivoter légèrement pour découvrir un bâtiment à l'architecture flamande, que l'on aurait pu retrouver à Bruxelles ou à Amsterdam. On continue ce tour de table et l'on voit se dresser un bloc massif mussolino stalinien, tempéré par la grâce d'un palais autrichien richement décoré, quand l'austère immeuble londonien nargue les autres avec ses colonnes grecques.

Bref, un seul tour à 180 degrés autour de cette place m'a fait faire le tour de l'Europe. Et le pire, c'est que je suis sûre qu'ils ne l'ont même pas fait exprès.

Una otra historia


J'ai regarni mon sac à dos, refait la liste les choses que j'avais oublié d'emporter, changé de brosse à dents.
A peine ai je eu le temps de faire mes adieux que me revoilà propulsée dans ce pays qui contraste tant avec l'empire dirigé par la main de fer communiste.

Ici, les femmes de Volver déboulent à chaque coin de rue. Fortes, masculines et rock'n'roll, leur détermination se mesure à l'épaisseur du trait d'eye liner qui dégouline de leurs paupières.
La nuit tombée, tout Bilbao se presse dans les rues piétonnes à peine éclairées. La populace déborde des bars qui alignent des pintxos tout aussi alléchants et suitants les uns que les autres.

La jeunesse fougueuse qui atteint fébrilement la majorité envahit une rue et offre un spectacle de pure débauche, quand à deux pas, leurs parents empêchent le temps de s'écouler en empoignant une cerveza.
Des trottinettes insouciantes virevoltent encore autour de nous. Je ne sais pas trop si c'est ainsi que s'établit le dialogue entre les générations, mais toujours est il que ça grouille, ça tambourine et ça vit.

Une petite brise d'air frais est venue effleurer mon cou. C'est fou ce qu'elle m'a fait du bien.

mardi 2 septembre 2008

Va, vis et deviens

A partir de quand es-tu devenue une adulte?
Lorsque tu as appris a dire non? A résister, la tête haute, à la pression familiale qui voulait couler ton image dans un moule qui ne te correspondait pas?
Ou à partir du moment ou tu as décidé, seule, du goût que tu voulais donner à ta vie?
Du haut de tes 22 ans, tu te rends compte du chemin que tu as parcouru quand d'autres sont a l'orée de ce combat. Il te reste encore bien des leçons à tirer, d'autres échecs à surmonter, mais tu sais dorénavant que plus rien ne te fera reculer devant tes convictions, que tu te battras toujours pour ce qui vaut la peine d'être dit, vécu.

Révoltée, moi? Non, jamais

samedi 31 mai 2008

C'est arrivé près de chez vous

Dongguan, c'est tout près de Canton. J'ai même une camarade mongolienne qui s'y rend tous les week-end pour rendre visite à ses potes. Et bien, voilà entre autres, ce qui peut s'y passer:
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=86162

Un trafic d'êtres humains qui est d'autant plus affligeant qu'il concerne des enfants qui sont envoyés du Sichuan vers le Guangdong, à des milliers de kilomètres de leur foyer.
Le pire dans tout ça, c'est que les parents eux-mêmes sont amenés a se réjouir que leur progéniture puissent leur apporter une source de revenus. Les contremaitres trouvent ainsi un argument de taille: "au moins, les enfants sont utiles et s'ils n'étaient pas là, leur famille serait au fond du gouffre."

Mais je me pose encore cette question: dans un pays où l'enfant est roi, comment ce genre de choses peut-il arriver?

La politique de l'enfant unique a conduit toute une génération de Chinois à être gâtés et pourris jusqu'à la moëlle. Épicentre des espoirs de leurs parents, ils jouissent d'une liberté absolue (de leur point de vue du moins) et profitent sans vergogne du confort matériel qui avait manqué a leurs aïeux.
Est-ce donc l'écart de richesses qui s'amplifie de plus en plus? Ou une société en proie au manque de repères et qui ne sait plus où aller? La logique du chacun pour soi n‘a jamais pris autant de sens qu'ici à mes yeux. Puisqu'il faut l'utiliser, oui c'est bien de l'individualisme forcené que j'observe ici, quel qu'en soit le prix à payer.

Je savais la Chine pleine de contradictions, mais finalement tout ceci a peut-être sa cohérence.